« Isabelle Bazin, dérive de sons et de sentiments » de Michel Kemper

 

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Isabelle Bazin quartet, Saint-Victor-sur-Loire, 4 novembre 2016

 Retour au Château de Saint-Victor, commune de Saint-Etienne. Chaque année, une saison culturelle modeste mais pertinente, éclatante souvent, s’y déroule.

Ce soir c’est Isabelle Bazin, formule quartet. Bazin doit être une des hantises des marchands de disques : dans quel bac y mettre les siens ? Elle échappe à toutes classifications, ou alors elle en a tant… C’est mal code-barré pour l’identifier…

En concert, c’est pareil, pire même. Tant que c’en est inconfortable. Le confort pour le public c’est de choisir son genre et de s’y couler, sans risque, sans grande surprise, entendre ce qu’on a choisi de s’offrir. Là, avec Isabelle Bazin, c’est plus compliqué : elle vous surprend, vous emmène là où vous ne vous attendez pas, en des contrées musicales a priori incompatibles entre elles, qu’elle associe pourtant avec finesse, avec talent. Il y a à l’évidence une survivance de la chanson trad’ en filigranne : on n’est alors pas loin de La Bergère, de Gabriel Yacoub aussi. Le clin d’oeil est plus appuyé encore quand elle nous chante Le luneux, repris à Malicorne. Il y a du jazz. Du jazz et du trad’ en liberté, comme un free-folk qui unie, marie les portées et les instruments : la clarinette, la clarinette basse et le nickelharpa de Marie Mazille, orfèvre s’il en est de la musique, la contrebasse de Stéphane Arbon, les clavier et samples de Sylvain Berger. Et le diatonique d’Isabelle Bazin.

14721677_10207620476290123_662198456941912892_nEt que chante-t-elle, notre belle ? Un inventaire de l’amour, que celui-ci soit rêvé, déçu ou enthousiaste, fraternel, maternel, saisonnier… Parfois charnel : « Ce qui me plait chez ce garçon / Ses rêves, son mystère / J’ai tout oublié de la raison / Ce serment m’indiffère / Je désire en secret je désire l’adultère ». Dans cette écriture qui retrouve la patte et le mystère des vers traditionnels, l’amour est parfois une bénédiction, parfois un fardeau, jusqu’au pires cruautés. Et aux plus beaux délices aussi, on vous rassure : « Quel est ce doigt, cet autre encore / Dix doigts sans merci / Pour mon pauvre corps déjà trouble ? » Malgré ou fort des épines, aux roses on préfère leurs boutons. On s’installe dans le trad’, notre quatuor allant même jusqu’à des notes sinon médiévales au moins baroques. Et d’un coup d’un seul, de multiples sons empruntant au jazz, des sons samplés qu’on dirait expérimentaux. C’est du sucré-salé, servi par l’agréable voix d’Isabelle Bazin et celle en contrepoint, fluide et superbe, de Marie Mazille.

Un inédit dans le répertoire de Bazin : une chanson de l’ami Reno Bistan, autre lyonnais (il y en a beaucoup dans ce coin, et des bons), qui lui aussi explore la veine de l’amour codé où, derrière le verbe, se cachent de coupables intentions.

Elégante et passionnante prestation d’un quatuor haut de gamme que l’amateur de chanson se devrait d’adopter et de mettre dans ses favoris pour souvent s’y abreuver.

Le site d’Isabelle Bazin, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs à déjà dit d’elle, c’est là.

Liens article « Nos enchanteurs » : http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2016/11/07/isabelle-bazin-derive-de-sons-et-de-sentiments/

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